mardi, septembre 27, 2005

Un dimanche à Paris

En fait, il n’y a rien de plus chiant qu’un dimanche à Paris. Les deux-tiers des bistros sont fermés, tout comme les magasins dans lesquels on n’a pas eu le temps d’aller pendant la semaine et qu’on a snobés le samedi (bah oui quoi merde, je viens de bosser toute la semaine, je vais pas passer mon samedi avec la foule des blaireaux-shoppeurs-du-samedi). Même les kiosques à journaux sont fermés pour la plupart, on en arrive à se demander pourquoi les journalistes de L’Equipe se cassent le cul à écrire une édition dominicale… Les gonzesses n’ont à la bouche que les mots « brunch », « balade », et, suivant la saison et la météo, « cinoche » ou « terrasse ». Entre parenthèses, pour ce qui est de l’obsession féminine de la terrasse, c’est tous les jours en fait, pas seulement le dimanche, dès qu’il y a le moindre rayon de soleil ou que la température dépasse les 19,6 degrés : peut être est-ce juste pour avoir un prétexte pour se pavaner aux yeux du plus grand nombre avec leur clope au bec et leurs lunettes de soleil sur le nez, ou, plus sûrement, dans les cheveux en guise de serre-tête… Bref… Pour revenir au sujet initial, le dimanche est donc immanquablement voué à l’ennui et la déception. Et oui, la déception, car même prévenu, on ne peut s’empêcher de penser que le dimanche devrait nous apporter quelque chose de positif puisqu’il fait parti du sacro-saint week-end, ce concept magique qui nous fait tenir toute la semaine au turbin, et pourtant il ne s’y passe jamais rien de bon.
Les célibataires qui ont picolé le vendredi et le samedi n’ont pas la force de faire quoi que ce soit et subissent la descente progressive et douloureuse de leur taux d’alcoolémie (qui culmine avec les tremblements et les insomnies du dimanche soir) en se maudissant d’être encore sortis pour rien puisque encore une fois ils n’ont pas chopé. Ceux qui ont chopé ont encore des hauts le cœur en repensant au boudin à côté duquel ils se sont réveillés et se jurent de ne plus jamais reboire autant (juqu’au jeudi ou vendredi suivant..). Pour les mecs mariés, c’est encore pire, cela fait bientôt 48 heures non stop qu’ils doivent supporter leur femme et leurs mômes (quand ils peuvent éviter le déjeuner dominical chez leur belle-mère), et finissent par penser à leur boulot ou au prochain prétexte pour passer un week-end ruineux avec leur conne de maîtresse loin de tout ça. Et pour achever cette journée sinistre, pour se persuader de ne pas avoir complètement perdu son temps, tout ce petit monde se retrouve à faire la queue devant le cinéma ou devant le distributeur automatique de DVD : des industries concurrentes, mais qui bénissent néanmoins toutes deux les dimanche et l’ennui pour réaliser leur plus beau chiffre d’affaire de la semaine.